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Raphael Hadas-Lebel - Quel avenir pour nos retraites ?

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Quel avenir pour nos retraites ?

avec
Raphaël HADAS-LEBEL
Président du Conseil d’Orientation des Retraites
Créé par le Gouvernement Jospin en 2000, le COR est un lieu permanent d'études et de concertation entre les principaux acteurs du champ des retraites. Ses rapports sont au cœur de la prochaine réforme des retraites que prépare le Gouvernement.

Dans son dernier rapport « retraites : perspectives actualisées à moyen et long terme en vu du rendez-vous de 2010 », le Conseil d’orientation des retraites confirme que nos régimes de retraite sont confrontés à une situation financière très difficile, qui menace leur pérennité. Dès aujourd’hui une retraite sur 10 n’est pas financée ; si nous ne faisons rien, ce sera une sur 6 en 2030. Selon les projections du COR, les besoins de financement passeraient de 38 Mrds d’euros par an en 2015 à 71 Mrds d’euros en 2050 dans le scénario A (productivité 1,9%, chômage 4,5%), de 39 à 102 Mrds dans le scénario B (productivité 1,5%, chômage 4,5%), enfin de 40 à 114 Mrds d’euros dans le scénario C (productivité 1,5%, chômage 7%).

A l’origine de cette situation, on trouve des causes structurelles, liées notamment à l’augmentation de l’espérance de vie : en 2010, nous avons 16 millions de retraités, ils seront 18 millions en 2020 et 22 millions en 2050. Le ratio d’actifs sur retraités, qui constitue l’indicateur déterminant du régime de retraite français fondé sur la solidarité entre les générations, va se dégrader fortement : 4 en 1960 ; moins de 1,8 en 2010 ; 1,5 en 2020 ; 1,2 en 2050. De plus, la crise a accéléré ce processus : la baisse d’activité a généré la chute des recettes des régimes de retraite, en raison de l’augmentation du chômage. Nous avons aujourd’hui le déficit que le COR prévoyait, dans ses dernières projections qui datent de 2007, pour l’année 2030 (1,6 point de PIB). Nous avons anticipé de 20 ans les déficits de nos régimes de retraite.

Raphaël Hadas-Lebel est donc revenu sur ces constats, sur les projections du COR et il a évoqué les solutions possibles pour rééquilibrer les régimes de retraite, en particulier les trois leviers en théorie possibles, à savoir la baisse les pensions, l’augmentation des cotisations ou l’augmentation du temps de cotisation.

 

Licencié en lettres, diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’ENA (promotion Marcel Proust),  Raphaël Hadas-Lebel a également suivi l’Ecole Nationale des langues orientales vivantes et la Harvard Business School. Après une première affectation au Conseil d'État, il devient en 1972, conseiller technique au cabinet du Premier ministre Pierre Messmer. Il reste en poste avec ses successeurs Jacques Chirac (74-76) et Raymond Barre (76-81) .En 1984, il est nommé chargé de mission puis rapidement secrétaire général du groupe pétrolier Elf Aquitaine, poste qu'il occupera pendant 10 ans. Il est promu conseiller d'État en 1987. En 1994, il devient directeur général de la chaîne publique France 2. En 1996, il réintègre le Conseil d'État et devient également conseiller du président du Conseil Economique et Social. En 2003, il est nommé président de la section sociale du Conseil d'État. Il est l'auteur de plusieurs rapports dont l'un sur le développement de la TNT et un autre en mai 2006, sur demande du Premier ministre, sur la représentativité et le financement des organisations professionnelles et syndicales.
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